La Guiterne

cythara : enluminure
du psautier de Stuttgart
9ème siècle

Ses origines

L'histoire des cordophones est présentée au chapitre de la guitare baroque où leur origine préhistorique est expliqué. L'instrument découvert sur une gravure égyptienne représente parfaitement un instrument à trois cordes. Le nom "Ki-Tar" aurait signifié en ancien Persan trois cordes ou même trois boyaux. Les instruments à trois cordes ou à trois jeux de cordes sont encore de nos jours presque innombrables tant les variantes ethniques sont diverses. On les trouve en Egypte, Iran (Tar), Turquie (Saz), Grèce (Bouzouki), Serbie, Russie(Balalaïka), pays Nordiques et dans toute l'Asie jusqu'au Japon (Shamisen).


Un document particulièrement intéressant pourtant rarement évoqué dans l'histoire des instruments de musique, est le psaultier de Stuttgart qui serait daté des années 820 à 830, donc en pleine époque carolingienne.


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Fabrication de la rosace

Le modèle historique de Hans Ott avait une rose en bois à double étages. Je voulais changer un peu, ayant expérimenté cette technique sur ma guitare baroque. J'ai choisi de m'inspirer du modèle de Elena dal Cortivo, comme je l'ai expliqué plus haut.
La particularité du modèle est la combinaison du bois et du parchemin.
J'ai utilisé une chute de merisier. Le bois est dur, assez serré, et la coloration chaude.
J'ai imprimé à la dimension recherchée le modèle et l'ai collé sur ma plaque de merisier. Mini-perceuse et mini-gouges aidant, j'ai découpé et formé une à une les ouvertures de la rosace.
Découpe de la plaque de merisier
Les ouvertures sont faites

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Montage de la table

La table est en très bel Epicéa, Les deux demi panneaux étaient prévus pour une guitare classique. Je n'en ai utilisé qu'un seul que j'ai découpé pour constituer deux éléments à dimensions suffisantes.
La première photo montre le montage pour le collage des deux demi-panneaux.
Collage des deux panneaux
cintrage du filet de rosace
La découpe de la bouche a été faite avec ma Dremel montée en "compas" comme décrit pour la guitare. La rosace étant collée à l'arrière de la bouche, je ne voulais pas laisser apparents les bords de la découpe de la bouche. J'ai donc confectionné un filet en palissandre. Celui-ci a été cintré pour constituer un cercle le plus partfait possible. Les deux extrémité ont été taillées et ajustées en biseau. Le montage du collage est représenté ci-dessous.

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Finition

Chacun a sans doute ses spécialités et ses faiblesses. Pour ma part la phase de vernissage est parfois une galère.
Je voulais donner une teinte chaude mais non brillante. J'ai commencé par un essai de teinture après avoir passé quelques couches de bouche pores. Le résultat a été nul. La difficulté est surtout venue du fait que le bois n'avait pas de structure homogène. Et puis teinture sur bouche-pore, ça ne marche pas, en tout cas pas avec moi.
Heureusement, le bois est épais, et une scéance de grattage est facilement supportée.
Alors j'ai laissé ma guiterne de côté, le temps de réfléchir et d'avoir des conseils de-ci de-là.
Etant passé à Mirecourt, j'ai rendu visite à Jean Claude Condi facteur d'instruments anciens, notamment de nyckelharpas. Il m'a prodigué quelques possiblités.
  • Ne pas vernir, mais cirer
  • Teinter éventuellement, mais mouiller le bois à l'eau, jusqu'à saturation avant de teinter.
  • Oxyder le bois avec du permanganate de potassium

Ayant déjà trop galéré avec la teinture, j'ai abandonné cette solution.
J'ai trouvé du permanganate chez HMB-BDA, une droguerie où on trouve toutes sortes de produits (8 rue de Prague 75012 PARIS).
J'ai essayé le permanganate sur un échantillon, c'est assez surprenant, car ce produit a une teinte franchement violette. Mais on voit rapidement le bois prendre une teinte brune fonçant en fonction de la quantité posée. Cela semblait marcher.
Je me suis lancé sur ma guiterne. Mais toujours le même problème, la capacité d'absorption hétérogène a rendu pour résultat des différences affreuses de teintes.
Alors re-grattage et réflexions.

Je commençais sérieusement à envisager de la cirer. Je cherchais dans mes placards des types de cires pouvant s'adapter, quand je suis tombé sur une "patine à l'ancienne", "un produit naturel à base de gomme laque" dit la boîte.
Bingo, cela marchait! On peut l'étaler au pinceau ou au chiffon, la teinte finale dépend assez peu de la quantité posée, les zones absobantes sont bien mieux "gérables", en plus cela sèche assez vite. En définitive un bon compromis entre le vernis et la cire.

Recherche de conception

Guiterne de Hans Ott
vers 1450
Bien sûr aucun instrument antérieur à l'époque baroque n'a pas pu nous parvenir, au moins en état assez complet. Seuls des morceaux d'instruments ont été trouvés. Les seules références sont les peintures et gravures.


Concernant la guiterne, le plus ancien instrument restant en bon état est attribué à Hans Ott. Il est conservé par la Fondation Wartburg au chateau de Wartburg-Stiftung à Eisenach en Allemagne. Sa forme et ses dimensions ont séduit beaucoup de luthiers.
 

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Fabrication du corps

La fabrication du corps ne demande pas de grandes explications. Il faut noter toutefois qu'avant de commencer le travail, il est nécessaire d'observer attentivement la structure du bois. Ma grosse planche de tilleul présentait une grande différence de grain entre le coeur et l'aubier, toutefois cette différence était très progressive.
La gouge au travail



J'ai cherché à centrer le plus parfaitement possible la découpe de l'instrument. Tant pis pour l'économie de bois.
Pour la suite, l'explication se transforme plutôt en bande dessinée.

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Fabrication du cordier

Considérant la structure très hétérogène du tilleul, en particulier la zone où devait être attachées les cordes était solide, mais je n'avais pas confiance en son aptitude à supporter, de manière durable, des clous ou chevilles d'attaches des cordes.
 
Façonnage du cordier
J'ai alors décidé de monter un cordier en bois dur. Je l'ai façonné dans un bloc de palissandre qui me restait dans un coin.
 
Je l'ai fabriqué comme un des chevalets. D'ailleurs, j'ai adopté les attaches de cordes des chevalets de luths ou de guitare baroques.
Façonnage de l'encastrement
Vérification de l'encastrement
 

Fabrication de la tête

Le profil de la tête est découpé à la scie à chantourner afin de dégager la partie utile du cheviller et de donner la forme générale. Après mise en forme des flancs extérieurs du cheviller, les trous de chevilles ont été percés, puis celui-ci est creusé à la gouge étroite et courbe. Bien-sûr, le creux de la "faucille" est un peu difficile à atteindre.
Cette partie se trouve dans la partie du coeur du bois, ce qui rend le travail plus lent mais plus précis
Découpe à la scie à chantourner
formage du cheviller
J'ai choisi la tête d'oiseau de proie, en prenant comme modèle la guiterne de Carlos Gonzalez, en me disant que si ma sculpture est ratée, je peux toujours me retrancher sur la tête en marteau comme mon rebec ou ma mandoline.
Les minigouges ont été bien utiles et le bois dans cette partie était très fin et agréable à travailler. Finalement, sans prétendre à un chef d'oeuvre (quoique...), le résultat est "présentable".
La tête terminée

L'album photos




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