Harpe gothique

Il est bien difficile de savoir lequel des cordophones est le plus ancien, entre la Lyre, la Cytarra (ou Kitar : voir le dossier Guiterne) ou la harpe. La harpe est sans nul doute la plus représentée dans les bas-reliefs et peintures égyptiennes. D'origine sumérienne, environ 3000 ans av JC, la harpe avait une forme arquée, directement héritière de l'arc musical. La caisse de résonance était creusée dans le bois même de l'arc. Les cordes étaient pincées par les doigts, le musicien maintenant la caisse contre son épaule.
Harpe égyptienne
de forme arquée
Puis, quelques deux millénaires plus tard, la construction changea, d'origine assyrienne, la harpe angulaire remplaça la harpe arquée. Elle était constituée de deux parties : une caisse de résonance et une barre d'attache des cordes, le tout uni par des liens. Dans ces deux types de constructions, le nombre de cordes et leur tension devaient être réduits. En effet leur traction totale était limitée par l'élasticité de l'arc ou la résistance de la jonction de la barre d'attache des cordes, dans la construction angulaire. Le nombre de cordes ne devait probablement pas dépasser une dizaine.
Harpe iranienne
de forme angulaire
La Lyre avait presque le même nombre de cordes, mais celles-ci étaient de longueurs égales.
La harpe, comme la Kitar, s'est propagée dans l'ensemble du Proche-Orient, et jusqu'en Inde, en Birmanie, même à Java, et, vers l'ouest, à travers les îles égéennes jusqu'en Grèce et à Rome. Les grecs ou les phéniciens l'ont probablement exportée en Europe, tout particulièrement au nord. On trouve le même parcours de la lyre qui s'est implantée en Germanie, puis adoptée par les celtes qui l'ont transformée pour inventer le Crwth.


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Mes références

Harpe Nuremberg
Il y a une chose curieuse. On ne rencontre pas beaucoup de harpe gothique dans les groupes musicaux. Serait-ce parce que l'époque Renaissance est considérée par les musiciens et aussi le public, comme une époque de culture mal définie, mise à part l'architecture ? On rencontre en effet peu de manifestations se référant à cette période.
Mais à côté de cela, un choix assez large de modèles de harpes gothiques est proposé sur le marché, principalement en Allemagne, Autriche ou Suisse, mais aussi en Angleterre ou aux Etats Unis.

Mais sous ce vocable on trouve de bien curieuses conceptions, par exemple Celle-ci qui n'est qu'une harpe vaguement "celtique" avec une console et une colonne évoquant avec beaucoup d'imagination les harpes gothiques....

Harpe de Yves d'Arcizas
d'après Jérome Bosch
La référence historique semble être celle qui est exposée au Germanische Museum de Nuremberg en Allemagne (Image en tête).
Un autre modèle est exposé au musée de Wartburg Harpe de Wartburg dont la colonne est droite et décorée.

Un troisième exemple présenté par Yves d'Arcizas provient d'une représentation de Jérome Bosch (image ci-contre).


Harpe gothique
par Claude Bioley

 

Voici encore quelques propositions de catalogues:
site Claude bioley

 

Harpe gothique Eric Harp
Modèle Nuremberg
Dans son riche catalogue Eric Harp propose ce modèle "nuremberg"
site Eric Harp

 

Une autre source se trouve chez Frank Sievert
site Franck Sievert

 

Finalement je me suis décidé pour un modèle ressemblant à la harpe type "Nuremberg" avec une caisse de deux demi-coques creusées et une potence-colonne dans un seul bloc. Toutefois j'ai opté de me limiter à 19 ou 21 cordes.
Après plusieurs esquisses, je me suis fixé sur un plan décrivant un modèle de 85 x 30 cm. J'ai défini les dimensions de la caisse uniquement pour des raisons esthétiques
Restait à approvisionner le bois. J'ai trouvé une grosse planche de merisier chez Maréchaux

 


Fabrication de la caisse et la console

Le traçage de la découpe

 

Ma planche de merisier avait une épaisseur 5 cm. J'avoue que le bois était plutôt blanc pour du merisier et le fil n'était pas aussi serré. Mais pas trop de noeuds. J'ai dû toutefois éviter une grande fente en extrémité de ma planche. Mais cela c'est la contrepartie d'un achat de planche brute.

 

La découpe à la scie sauteuse
Voilà trois morceaux

 

La découpe à la scie sauteuse ne s'est pas trop mal passée. Bien sûr ça a chauffé un peu...

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Fabrication des harpions

découpe des Harpions
J'avais approvisionné un morceau de buis, mais le barreau que j'avais était finalement assez cassant. J'ai opté alors pour du palissandre dont il me restait une chute de planchette.
Après découpe, j'ai utilisé ma même méthode que pour la fabrication des sautereanx de ma chifonie. Un ou plutôt deux trous dans une plaque de grattoir. Le premier un peu plus grand pour un dégrossissage, le second au diamètre convenable pour la finition. Cette méthode garantit des diamètre identiques, assurant une interchangeabilité des pièces.

 

Façonnage de la queue des harpions
Harpion en cours de façonnage

 


Finition et réglages

Finition et réglage des harpions
Le merisier de ma harpe était donc bien clair, proche de l'érable. J'ai donc cherché à teinter le bois pour trouver la nuance chaude de cette essence. Après les essais effectués au cours de la finition de ma Guiterne, je n'ai pas hésité à choisir le même produit de finition: une "Patine à l'ancienne" un produit à base de gomme laque.
Il restait à essayer de teinter ce produit. Un peu d'orange et de brun (l'orange que j'ai est déjà très rouge), quelques essais sur échantillon. La mixture est facile à étendre. toutefois, les différences de porosité du bois font apparaitre des différences de saturation de couleur.
Tampon de laine d'acier "000" pour réduire, par-ci, l'épaisseur où c'est nécessaire, petite couche en plus par-là, et lustrage "façon ciré" avec le tampon de laine d'acier puis un vigoureux frottage au chiffon de laine. Les fanas du vernis au tampon doivent sans doute être troublés...

J'ai choisi des cordes type KF pour harpe celtique. Pas très authentique, mais 21 cordes en boyau aurait fait monter sérieusement la facture. Toutefois, comme la longueur des cordes, à note identique, est sensiblement plus courte que pour la harpe celtique, leur tension est plus faible. Mais j'avoue, c'est de l'improvisation.
La taille et le réglage des harpions n'en tiennent pas moins de l'approximation. De bons conseils sur un forum, m'ont conduit à régler leur point d'effleurement à environ 1 cm du point d'attache, pour les cordes les plus basses, et un peu moins pour les aigues.
Je n'irais pas jusqu'à affirmer que mes réglages sont optimaux. Un vaste champ d'expérimentation serait envisageable, pour trouver l'influence des cordes, de la matière des harpions et de leur point d'effleurement.

Ecouter les premières notes.


L'album photos




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